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La fièvre hémorragique de Crimée-Congo sous le feu des projecteurs en Corse

Compte tenu de la récente émergence de la fièvre hémorragique de Crimée Congo (CCHF) dans le bassin méditerranéen et de la forte probabilité que la maladie s’étende à l’Europe de l’Ouest (trois cas en Espagne en 2016 et 2018), des premières études épidémiologiques ont été conduites en Corse entre 2014 et 2018 afin de déterminer le statut de l’île. En effet, Hyalomma marginatum, une des tiques vectrices de CCHF, est présente depuis des décennies en Corse alors qu’elle n’est encore qu’en phase d’installation sur le continent.

Début février 2019, les premiers résultats de ces études ont été présentés aux acteurs du sanitaire en Corse et publiés dans une note de service de la Direction générale de l’alimentation (DGAL/SDSPA/2019-88).

 

Qu’est que la Fièvre Hémorragique de Crimée Congo ?


La CCHF est une maladie hémorragique zoonotique caractérisée par des symptômes sévères chez l’homme et causée par un virus de la famille des Bunyaviridae. Elle se manifeste chez l’homme par une fièvre, des maux de tête et un malaise, suivis par des symptômes gastro-intestinaux. Dans les cas sévères, des hémorragies, choc et une défaillance multiviscérale peuvent être observés.

Le virus de la CCHF est décrit comme pouvant infecter  les bovins, les petits ruminants, les lapins ou encore les hérissons, mais ces espèces ne présentent pas de signes cliniques.

Cette maladie est actuellement présente en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Espagne et dans les Balkans. Le virus est principalement transmis à l’homme par des tiques du genre Hyalomma, qui sont à la fois des vecteurs et des réservoirs du virus.

 

La situation en Corse


L’objectif de l’étude conduite depuis quelques années par le CIRAD de Montpellier, l’INRA de Corte et les services de l’Etat en région Corse était, d’une part, de préciser la distribution de la tique Hyalomma marginatum, et d’autre part, de vérifier si le virus de la CCHF circule dans les populations de tiques et d’hôtes vertébrés de la région.

Cette étude a permis de montrer que H. marginatum est l’espèce de tique la plus fréquemment retrouvée chez les chevaux (77%) et la seconde chez les bovins (21%), alors qu’elle infeste rarement les petits ruminants. Elle a aussi été retrouvée sur des sangliers. Cette tique semble largement distribuée sur l’ensemble du territoire corse, et aussi bien sur le littoral qu’en altitude.

La recherche d’anticorps contre la CCHF sur des échantillons de prophylaxie a permis de mettre en évidence la présence d’anticorps anti-CCHF chez 9% des animaux testés avec une séroprévalence plus forte chez les bovins (13%), que chez les caprins (3%) et les ovins (3%).

 

Et après ?


Ces premières études confirment donc la forte présence de la tique H. marginatum en Corse et suggèrent la circulation d’une souche virale de CCHF dans les populations de ruminants domestiques de l’île. De nouvelles activités de surveillance de cette espèce de tique et du virus CCHF seront programmées en 2019 en Corse pour préciser ces premiers résultats (cf. note de service DGAL/SDSPA/2019-88 du 01/02/2019).