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Antibiotiques et antibiorésistance : bilans 2017

Dans le but de réduire le développement de l’antibiorésistance, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a mis en place un premier plan Ecoantibio en 2012. Ce plan Ecoantibio 2012-2016 visait une réduction de 25 % de l’usage des antibiotiques en 5 ans. L’objectif global de ce premier plan a été atteint en 2016 avec une diminution de l’exposition animale aux antibiotiques de 37 % en 5 ans. Le nouveau plan Ecoantibio 2017-2021 vise à inscrire dans la durée la baisse de l’exposition des animaux aux antibiotiques.

 

Deux rapports ont été présentés le 13 novembre dernier à l’occasion de la réunion annuelle de l’ANSES sur l’antibiorésistance :

 

 

Vente d’antibiotiques en France en 2017


Depuis 1999, l’ANSES a mis en place un suivi annuel des ventes d’antibiotiques vétérinaires basé sur une déclaration annuelle par les laboratoires qui les commercialisent du volume des ventes et d’une estimation de la répartition des ventes par espèce de destination.

Compte tenu des différences d’activité et de posologie entre les différents antibiotiques, les tonnages d’antibiotiques vendus ne traduisent pas précisément leur utilisation. L’indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) estime le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques, en prenant en compte la posologie et la durée d’administration, mais aussi l’évolution de la population animale au cours
du temps.

En 2017, le volume total des ventes s’élève à 499 tonnes d’antibiotiques et s’inscrit en baisse de 5,9 % par rapport à 2016. Il s’agit du tonnage le plus faible enregistré depuis le début du suivi en 1999 (1311 tonnes). L’ALEA a globalement diminué de 3,6 % en France en 2017 par rapport à 2016, avec des différences selon les espèces : si une baisse est observée pour les lapins (-19,4 %), les volailles (-10,1 %) et les porcs (-3,3 %), l’exposition a augmenté pour les carnivores domestiques (+6,6 %) et les bovins (+1,2 %).

 

Les antibiotiques critiques

Les Céphalosporines de dernières générations et les Fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent l’alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l’homme. La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt fixe un objectif de réduction de 25 % en 3 ans de l’utilisation des antibiotiques appartenant à chacune de ces familles, avec l’année 2013 comme référence.

L’objectif a été atteint en 2016, et la diminution de l’exposition s’est poursuivie en 2017. Ainsi, en 2017, l’exposition aux Céphalosporines de dernières générations a diminué de 94,2 % et celle aux Fluoroquinolones de 87,8 % par rapport à 2013, toutes espèces confondues.

Ces résultats font suite à la publication d’un décret et d’un arrêté interministériel en mars 2016 visant à encadrer la prescription et la délivrance des médicaments contenant ces antibiotiques d’importance critique.

Suite à la description en novembre 2015 du premier mécanisme de résistance à la colistine transférable par plasmide a conduit à la mise en place d’une surveillance renforcée pour cet antibiotique. Le plan Ecoantibio 2017-2021 a fixé l’objectif d’une réduction de 50 % en 5 ans de l’exposition à la colistine en filières bovine, porcine et avicole, en prenant comme référence l’ALEA moyen 2014-2015. L’objectif est presque atteint avec une diminution de 48,0 % en 2017 de l’ALEA par rapport à l’exposition moyenne calculée pour les années 2014 et 2015.

Après une diminution importante sur les dernières années du recours aux Céphalosporines de 3e et 4e générations, aux Fluoroquinolones et à la colistine, un effet de seuil semble toutefois apparaître. Il semble par ailleurs qu’il y ait un report limité des utilisations vers d’autres familles d’antibiotiques.

 

Pour retrouver le rapport complet, cliquez ici !

 

 

Antibiorésistance en France en 2017


Le réseau Résapath collecte les données d’antibiogrammes des bactéries issues de prélèvements cliniques d’origine animale en France, et assure ainsi une couverture nationale des taux de résistances aux antibiotiques dans les différents secteurs. En 2017, il compte 71 laboratoires adhérents
et a collecté 56 286 antibiogrammes avec la répartition suivante par espèce : chiens (26,0 %), volailles (23,5 %), bovins (21,0 %), chats (8,5 %), chevaux (7,2 %), porcs (6,1 %).

 

Antibiotiques critiques

La proportion la plus élevée de résistance aux Céphalosporines de dernières générations se situe autour de 6 % (équidés : 6,2 %, chiens : 5,8 %). Cette proportion se trouve autour de 4 % chez le chat (4,1 %) et les bovins (3,6 %) alors qu’elle est inférieure à 2 % chez les porcs, poules/poulets et dindes. Dans toutes les espèces animales excepté les chevaux, les proportions de résistance aux Céphalosporines de dernières générations atteignent les niveaux les plus bas depuis 2009.

En ce qui concerne les Fluoroquinolones, les proportions de souches résistantes restent toujours globalement supérieures à celles aux Céphalosporines de dernières générations, mais avec des tendances à la baisse dans toutes les filières. La filière bovine reste celle présentant la proportion de résistance aux fluoroquinolones la plus élevée (11,2 %), même si la forte décroissance entamée en 2016 se poursuit.

S’agissant de la résistance à la colistine, les données montrent une situation maîtrisée sur 10 ans, avec une augmentation significative et continue
de la proportion des souches sensibles.

 

Pour retrouver le rapport complet, cliquez ici !

 

 

Source : ANSES