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Epidémie de fièvre charbonneuse dans les Hautes-Alpes

Depuis le 28 juin, ce sont 23 foyers de fièvre charbonneuse qui ont touché des élevages d’ovins, de bovins et d’équidés du département des Hautes-Alpes, avec à ce jour 58 animaux morts, en large majorité des bovins. Il s’agit de la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de 20 ans. Après la découverte de six vaches mortes le 28 juin dernier à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, 13 communes sont désormais touchées.

 

Qu’est-ce que la fièvre charbonneuse ?


De répartition mondiale, la fièvre charbonneuse, ou charbon bactéridien, ou encore anthrax en anglais, est due à Bacillus anthracis, une bactérie tellurique qui peut persister pendant de nombreuses années dans le sol sous forme de spores et remonter ponctuellement près de la surface à la faveur de mouvements de terrain ou de conditions climatiques particulières.

En France, des foyers sont régulièrement détectés dans certaines régions et surviennent généralement de manière sporadique selon les années (0 à 5 cas par an). Selon les premiers résultats d’une étude épidémiologique réalisée par des experts de l’ANSES, c’est le facteur météorologique qui aurait facilité la remontée des spores dans l’épidémie des Hautes-Alpes, avec une alternance de périodes très humides (pluie/neige) et de périodes très sèches.

 

La fièvre charbonneuse touche principalement les mammifères herbivores (bovins, ovins, caprins, chevaux) qui pâturent sur des prés contaminés, et se contaminent par ingestion de spores. La transmission entre animaux est très rare.

Les ruminants infectés sont souvent trouvés morts sans aucun signe avant-coureur. Cette forme aiguë s’accompagne de forte fièvre, de tremblements et de difficultés respiratoires, rapidement suivis d’un effondrement et de la mort. Après la mort, du sang non coagulé peut parfois exsuder des orifices naturels de l’animal ; une rigidité cadavérique incomplète peut être constatée. Les chevaux, et parfois les ruminants présentent des troubles digestifs et des coliques, une fièvre, une dépression et parfois des tuméfactions. Ces manifestations peuvent durer jusqu’à quatre jours avant la mort. Chez les carnivores ayant ingéré des viandes contaminées, la maladie peut prendre une forme intestinale accompagnée de fièvre et de crampes, parfois suivie de guérison.

 

Chez l’homme, la fièvre charbonneuse peut se manifester sous plusieurs formes distinctes, selon la voie d’entrée de la bactérie dans l’organisme. La forme la plus souvent rencontrée est la forme externe, cutanée, dont l’évolution est généralement favorable (mais la mort peut néanmoins survenir chez 5 à 20 % des patients non traités). Les formes internes, viscérales, gastro-intestinales ou respiratoires conduisent à une septicémie mortelle en l’absence de traitement adapté. La forme respiratoire est la plus grave, avec un pronostic en général défavorable, notamment si aucun traitement antibiotique massif par voie parentérale n’est administré très rapidement. La forme respiratoire était autrefois appelée ‘maladie des trieurs de laine’ en raison du risque d’inhalation des spores présentes sur la laine et les cuirs. La fièvre charbonneuse par inhalation survient très rarement naturellement, mais elle peut être provoquée intentionnellement, les spores charbonneuses faisant partie de la liste des agents utilisés comme arme biologique (bioterrorisme).

 

Chez l’animal ou chez l’homme, les antibiotiques sont efficaces contre la fièvre charbonneuse. Un vaccin existe par ailleurs pour les bovins et les ovins.

 

Mesures de gestion et de prévention mises en place dans les Hautes-Alpes


La fièvre charbonneuse est classée danger sanitaire de catégorie 1 en France pour toutes les espèces de mammifères.

Dès les premières suspicions de cas, les services de l’État (Préfecture, Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP), Agence Régionale de Santé (ARS)) ont pris des mesures afin de contenir le risque de contamination d’autres animaux. Les élevages concernés ont ainsi été placés sous surveillance, et les mesures suivantes ont été prises : traitement antibiotique et/ou vaccination de tous les animaux, interdiction de sortie des animaux, retrait de la consommation humaine de tous les produits susceptibles d’être contaminés et interdiction d’utilisation des captages d’eau privés du secteur pour le bétail et les personnes. Une vaccination préventive pour les élevages exposés est également organisée.

L’Agence régionale de santé (ARS) a par ailleurs recensé 103 personnes pouvant avoir été en en contact avec la maladie (essentiellement des éleveurs, des vétérinaires, des membres du personnel de l’entreprise d’équarrissage ainsi que des personnes ayant fréquenté un centre équestre). Par principe de précaution, un traitement antibiotique préventif a été prescrit pour 54 d’entres eux et à ce jour aucun cas humain n’a été recensé. Pour les habitants des zones concernées, des mesures de prévention simples ont été mises en place pour éviter toute contamination : ne pas franchir les enclos des pâtures, ne pas toucher les animaux trouvés morts, tenir les chiens en laisse et ne pas cueillir les baies sauvages et les champignons.

 

Pour plus d’informations et pour suivre l’évolution de la situation dans les Hautes-Alpes, rendez-vous sur le site de la Préfecture de ce département !

 

 

 

Sources : Préfecture des Hautes-Alpes , OIE, ANSES