Espace privé Agenda Contact
 

La peste des petits ruminants identifiée pour la première fois en Europe

Le 23/06/18, un foyer de peste des petits ruminants (PPR) a été confirmé dans trois troupeaux situés à Voden, dans la région de Yambol en Bulgarie, à dix kilomètres de la frontière turque. Les autorités sanitaires bulgares mettent actuellement en place les mesures de gestion sanitaire dans le respect de la directive 92/119/EEC.

 

Il s’agit du premier cas de PPR identifié sur le territoire d’un Etat membre européen.

La PPR est apparue dans les années 1940 pour la première fois en Afrique de l’Ouest. Puis elle s’est propagée vers le Nord et l’Est du continent africain, a gagné le Proche et le Moyen-Orient et atteint l’Asie du Sud et de l’Est. C’est en 2007 que la PPR a été signalée pour la première fois en Chine. Le continent européen était jusqu’à aujourd’hui indemne de la maladie, à l’exception de la partie européenne de la Turquie touchée en 2004. En 2016, la Géorgie a également notifié plusieurs cas auprès de l’OIE.

La carte ci-dessous représente la répartition géographique des foyers signalés à l’OIE depuis 10 ans (source : site de l’OIE). Après un développement rapide ces 15 dernières années, la maladie est aujourd’hui présente dans près de 70 pays.

 

Qu’est-ce que la PPR ?


La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie virale des caprins et des ovins caractérisée par de la fièvre, des lésions buccales, de la diarrhée, une pneumonie et souvent la mort. Ce n’est pas une zoonose.

La maladie est causée par un virus du genre Morbillivirus (famille des Paramyxoviriridae), apparenté à celui de la peste bovine et de la rougeole. La PPR affecte en premier lieu les caprins et les ovins. Mais elle est touche également les espèces de l’ordre des Artiodactyles, sauvages et captives. En effet, une épidémie récente (2016/2017) en Mongolie a engendré des milliers de morts chez les antilopes Saïga. Les bovins, le dromadaire et le porc peuvent être infectés, mais leur rôle dans l’épidémiologie de la maladie n’est pas encore connu.

 

Après une période d’incubation de trois à six jours, on observe l’apparition d’une fièvre subite, un abattement sévère, une perte d’appétit et une sécrétion nasale claire. Puis, l’écoulement nasal devient épais et jaune, et parfois tellement abondant qu’il peut former une croûte qui obture les naseaux conduisant à une détresse respiratoire. Les yeux peuvent aussi être touchés par de l’écoulement. On peut également observer un gonflement des tissus de la bouche avec des ulcérations au niveau de la gencive inférieure, du bourrelet gingival, du palais, des joues et de la langue. Certains animaux peuvent développer une diarrhée sévère qui entraîne déshydratation et perte de poids. L’apparition d’une pneumonie est fréquente aux stades plus avancés de la maladie. Des avortements peuvent être observés.

Le pronostic de la peste des petits ruminants est mauvais, la mort pouvant survenir dans les cinq à dix jours suivant l’apparition de la fièvre. Dans la forme la plus grave (suraiguë), les animaux sont trouvés morts. Toutefois, la maladie peut être bénigne ou inapparente et circuler dans un pays, avec un impact faible ou nul jusqu’à ce que soient exposés des caprins sensibles. Les jeunes animaux sont les plus sévèrement atteints et les caprins sont plus touchés que les ovins.

 

Pour ce qui est de la transmission, les animaux infectés excrètent le virus par les larmes, la salive, les sécrétions nasales, les expectorations et les matières fécales. La maladie se propage donc plutôt par contact étroit entre animaux, notamment par inhalation de fines gouttelettes libérées dans l’air par la toux et les éternuements des animaux infectés. L’eau, les auges et les litières peuvent également être contaminées par des sécrétions et devenir des sources de transmission indirectes. Néanmoins, le virus ne survit pas longtemps dans l’environnement.

 

La peste des petits ruminants est une maladie listée du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE, et les pays sont tenus de déclarer la maladie auprès de l’OIE.

 

Afin d’éradiquer la PPR partout dans le monde d’ici à 2030, la FAO et l’OIE ont lancé en 2016 le Programme mondial d’éradication de la PPR (PPR-GEP), basé sur un large consensus international. Ce programme en plusieurs étapes devrait s’attacher dans un premier temps à créer les conditions favorables à la mise en oeuvre et au déploiement de la vaccination.

 

 

Sources : plateforme ESA, OIE, FAO